français pour les première année bac

Antigone

jean anouilh

Il naît en 1910 à Bordeaux d’un père tailleur et d’une mère violoniste. A partir de 1921, il vit à Paris et se prend très tôt de passion pour l’écriture théâtrale..

Il connaît un succès triomphal en 1938 avec Le Bal des voleurs, que monte André Barsacq le futur metteur en scène d’Antigone. Jean Anouilh devient alors une figure parisienne, un auteur à la mode. Il adopte un style personnel.

Il ne cesse pas d’écrire pendant l’Occupation, et donne Eurydice en 1941. Mais dans ce climat troublé il se sent décalé, à l’écart, et refuse d’afficher une opinion tranchée. Face aux nazis et à la Résistance, il se veut au-dessus de la mêlée et refuse de suivre quelque mouvement que ce soit, ce qui lui sera abondamment reproché. En 1944, Antigone est jouée pour la première fois. Elle connaît le succès, mais avec un parfum de scandale. Dans le contexte de la fin de la guerre, la pièce est accusée .


le mythe

Oedipe,dans la mythologie grecque,c'est le roi de Thèbes, fils de Laïos et de Jocaste, roi et reine de Thèbes.

La reine Jocaste attend un enfant. Son mari, Laïos, roi de Thèbes, s'enquiert auprès des dieux, comme il est naturel, de ce qui va venir. La réponse de l'oracle est terrible : " Il tuera son père ; il épousera sa mère". Il décide d'échapper à son destin : il attacha les deux pieds de son fils nouveau-né, qu'ils percent, et ils ordonnent qu'il soit abandonné dans la montagne, aux bêtes sauvages sur les flancs du mont Cithéron. Le bébé gémissant émeut le cœur du serviteur chargé de la besogne. Il le confie à des bergers du roi de Corinthe, qui l'amènent à leur maître Polybos, roi de Corinthe. Sa femme Périboe désespérait justement d'avoir un héritier, Polybos l'appela Œdipe (" celui qui a les pieds enflés ", en grec) et l'éleva comme son propre fils. Des années passent. Un jour, pendant une querelle, un Corinthien traite Œdipe d'enfant trouvé. Celui-ci, alarmé, part demander la vérité à Pythie de Delphes. En chemin, un vieillard monté sur un char lui commande, un peu trop impérieusement, de s'écarter de son chemin. Œdipe, qui a le sang vif, le tue. C'était bien sûr le roi Laïos, son père. Ainsi, Œdipe accomplit la prophétie sans le vouloir.

Œdipe arriva à Thèbes, qui était sous la coupe d'un monstre sanguinaire appelé le Sphinx, lion à tête de femme. La créature bloquait les routes menant à la ville, tuant et dévorant les voyageurs qui ne pouvaient résoudre l'énigme fameuse qu'elle leur proposait : " Quel est l'animal qui le matin marche sur quatre pieds, à midi sur deux et le soir sur trois ?". Œdipe répond sans hésiter que c'est l'homme, qui au matin de sa vie marche à quatre pattes, va sur ses deux jambes à l'âge adulte et s'aide d'une canne pour soutenir sa vieillesse. Le Sphinx, vexé, se suicide. Œdipe s'attira les faveurs de la ville pour avoir libéré Thèbes du Sphinx. En remerciement, les Thébains le firent roi et lui donnèrent comme épouse la veuve de Laïos, Jocaste. Pendant de nombreuses années, le couple vécut heureux, ne sachant pas qu'ils étaient en réalité mère et fils. La seconde partie de l'oracle est accomplie.

Les années passent, des enfants naissent du couple incestueux, deux garçons (Etéocle et Polynice) et deux filles, Antigone et Ismène.

Jusqu'au jour où la peste ravagea le pays. La vérité est dévoilée et Jocaste s'en suicide de désespoir, et lorsqu' Œdipe se rendit compte qu'elle était morte et que leurs enfants, Etéocle, Polynice, Antigone et Ismène, étaient maudits, il se creva les yeux,. Il part sur les routes, la main sur l'épaule d'Antigone, chercher un pardon problématique..

Résumé

Écrite en 1942, la pièce fut représentée le 4 février 1944 . L'époque : les derniers mois de l'Occupation. Ce fut un très grand succès.
Antigone se présente comme formant un tout : pas de division en actes, ni en scènes.

L'exposition
Au début, le Prologue s'avance vers le public et lui présente tous les personnages. Ils sont tous en scène. Le Prologue les montre, et nous parle de leur caractère et leur rôle.

Antigone et sa nourrice
La nourrice surprend Antigone, qui rentre de l'extérieur sur la pointe des pieds, ses souliers à la main. Elle a été, dit-elle, se promener dans la campagne.

Antigone et Hémon
Une scène pleine d’émotion. La jeune fille veut d'abord s'assurer de l'amour d'Hémon. Elle aurait été heureuse d'être sa femme, et était prête à se donner à lui la veille au soir parce que... Mais avant de lui dire pourquoi, elle lui fait jurer de ne pas la questionner. Il le fait, et frappé de stupeur, il entend : « parce que jamais, jamais, je ne pourrai t'épouser ». À Ismène, revenue, qui essaye de la raisonner, Antigone apprend la vérité : elle est allée enterrer son frère pendant la nuit.

Arrestation d'Antigone
C'est le moment de la « crise ». Le ressort est bandé. Le Chœur en profite pour entrer, et, s'adressant au public, explique sa conception de la tragédie. C'est le moment où la jeune fille entre en scène, poussée par les gardes. Antigone était revenue sur les lieux en plein jour.

Antigone et Créon
Scène capitale entre Créon et Antigone, scène où se on touche le sens de la pièce. On peut distinguer plusieurs étapes. Créon est assez calme au début. Il espère étouffer l'affaire en faisant disparaître les trois gardes. Antigone lui annonce qu'elle recommencera. Créon change de stratégie et use d’autres arguments mais en vain.
Poussé à bout, Créon appelle ses gardes. Malgré les reproches du Chœur, les supplications d'Hémon, Créon avoue qu'il n'a rien pu faire pour sauver Antigone et qu'elle voulait mourir. Hémon sort comme un fou.

Antigone et le garde
Antigone reste seule avec le garde. Cette scène nous montre l'isolement d'Antigone à l'heure de sa mort. Le garde parle de ses petits problèmes à lui, et apprend à Antigone qu'elle va être enterrée vivante.

Prologue de l'Antigone d'Anouilh.
Voila. Ces personnages vont vous jouer l'histoire d'Antigone. Antigone, c'est la petite maigre qui est assise là-bas, et qui ne dit rien. Elle regarde droit devant elle. Elle pense. Elle pense qu'elle va être Antigone tout à l’heure, qu'elle va surgir soudain de la maigre jeune fille noiraude et renfermée que personne ne prenait au sérieux dans la famille et se dresser seule en face du monde, seule en face de Créon ,son oncle, qui est le roi. Elle pense qu'elle va mourir, qu'elle est jeune et qu'elle aussi, elle aurait bien aime vivre. Mais il n'y a rien à faire. Elle s'appelle Antigone et il va falloir qu'elle joue son rôle jusqu'au bout...Et, depuis que ce rideau s'est levé, elle sent qu'elle s'éloigne à une vitesse vertigineuse de sa sœur Ismène, qui bavarde et rit avec un jeune homme, de nous tous, qui sommes là bien tranquilles à la regarder, de nous qui n'avons pas à mourir ce soir.

Le jeune homme avec qui parle la blonde, la belle, l'heureuse Ismène, c'est Hémon, le fils de Créon. Il est le fiancé d'Antigone. Tout le portait vers Ismène:son goût de la danse et des jeux, son goût du bonheur et de la réussite, sa sensualité aussi, car Ismène est bien plus jolie qu'Antigone, et puis un soir, un soir de bal où il n'avait dansé qu'avec Ismène, un soir où Ismène avait été éblouissante dans sa nouvelle robe ,il a été trouver Antigone, qui rêvait dans un coin, comme en ce moment, ses bras entourant ses genoux, et lui a demandé d'être sa femme. Personne n'a jamais compris pourquoi. Antigone a levé sans étonnement ses yeux graves sur lui et elle lui a dit 'oui' avec un petit sourire triste...L'orchestre attaquait une nouvelle danse, Ismène riait aux éclats, là-bas, au milieu des autres garçons, et voilà, maintenant, lui, il allait être le mari d'Antigone. Il ne savait pas qu'il ne devrait jamais exister de mari d'Antigone sur cette terre et que ce titre princier lui donnait seulement le droit de mourir.

Cet homme robuste, aux cheveux blancs, qui médite là, près de son page, c'est Créon. C'est le roi. Il a des rides, il est fatigué. Il joue au jeu difficile de conduire les hommes. Avant, du temps d'Oedipe, quand il n'était que le premier personnage de la cour, il aimait la musique, les belles reliures, les longues flâneries chez les petits antiquaires de Thèbes. Mais Oedipe et ses fils sont morts. Il a laissé ses livres, ses objets, il a retroussé ses manches et il a pris leur place.

Quelquefois, le soir, il est fatigué, et il se demande s'il n'est pas vain de conduire les hommes. Si cela n'est pas un office sordide qu'on doit laisser à d'autres, plus frustes...Et puis, au matin, des problèmes précis se posent, qu'il faut résoudre, et il se lève, tranquille, comme un ouvrier au seuil de sa journée.

La vieille dame qui tricote, à coté de la nourrice qui a élevé les deux petites, c'est Eurydice, la femme de Créon. Elle tricotera pendant toute la tragédie jusqu'a ce que son tour vienne de se lever et de mourir. Elle est bonne, digne, aimante. Elle ne lui est d'aucun secours. Créon est seul. Seul avec son petit page qui est trop petit et qui ne peut rien non plus pour lui.

Ce garçon pâle, là-bas, qui rêve adossé au mur, c'est le Messager. C'est lui qui viendra annoncer la mort d'Hémon tout à l'heure. C'est pour cela qu'il n'a pas envie de bavarder ni de se mêler aux autres...Il sait déjà...

Enfin les trois hommes rougeauds qui jouent aux cartes, leur chapeau sur la nuque, ce sont les gardes. Ce ne sont pas de mauvais bougres, ils ont des femmes, des enfants, et des petits ennuis comme tout le monde, mais ils vous empoigneront les accusés le plus tranquillement du monde tout à l'heure. Ils sentent l'ail,le cuir et le vin rouge et ils sont dépourvus de toute imagination. Ce sont les auxiliaires toujours innocents et satisfaits d'eux-mêmes, de la justice. Pour le moment, jusqu'à ce qu'un nouveau chef de Thèbes dûment mandaté leur ordonne de l'arrêter à son tour, ce sont les auxiliaires de la justice de Créon.

Et maintenant que vous les connaissez tous, ils vont pouvoir vous jouer leur histoire. Elle commence au moment où les deux fils d'Oedipe, Etéocle et Polynice, qui devaient régner sur Thèbes un an chacun à tour de rôle, se sont battus et entre-tués sous les murs de la ville, Etéocle, l'ainé, au terme de la première année de pouvoir ayant refusé de céder la place à son frère. Sept grands princes étrangers que Polynice avait gagné à sa cause ont été défaits devant les sept portes de Thèbes. Maintenant la ville est sauvée, les deux frères ennemis sont morts, et Créon, le roi a ordonné qu'à Etéocle, le bon frère, il serait fait d'imposantes funérailles, mais que Polynice, le vaurien, le révolté, le voyou, serait laissé sans pleurs et sans sépulture, la proie des corbeaux et des chacals. Quiconque osera lui rendre les devoirs funèbres impitoyablementpuni de mort. sera

Lire le prologue de Jean Anouilh.

Grâce à quoi connaît-on le décor ? Caractérisez-le. Justifiez son choix ? Qui parle ? Est-il un personnage ? Quel est son rôle ? A qui s’adresse-t-il ? Quel vocabulaire montre qu’il est extérieur à l’action ? Quel est l’effet produit ? Quel est son niveau de langue ? Relevez et classez les termes qui permettent de présenter les personnages. Quelle est l’impression produite ? Y a-t-il un ton dominant ? Expliquez et donnez des exemples. Relevez les anachronismes. Quel est leur rôle ? (1)

Pistes de lecture

  • Au début, le Prologue s'avance vers le public et lui présente tous les personnages. Ils sont tous en scène, isolés ou en groupe. Ils bavardent, se livrent aux occupations auxquelles il est fait allusion. Le Prologue nous les montre, et nous indique brièvement leur caractère et leur rôle. Il passe ainsi successivement en revue Antigone, la petite maigre qui pense qu'elle va mourir ;sa sœur, la belle, l'heureuse Ismène, qui parle avec Hémon, le fiancé d'Antigone ; le roi Créon, le père d'Hémon, qui, près de son page, médite sur la tâche difficile de conduire les hommes ; sa femme Eurydice, qui ne lui est d'aucun secours et ne fera que tricoter pendant toute la tragédie ; la nourrice d'Antigone ; le messager qui interviendra au dénouement ; enfin les trois gardes, auxiliaires du pouvoir, qui jouent aux cartes dans leur coin. En tout, onze personnages. Ils partent avec le Prologue, une fois que celui-ci a résumé la situation.
  • Activités familières : bavarde, jeu . Inattendu dans la tragédie. / Présence de la première et deuxième du pluriel. / On s’adresse au spectateur a travers le vous plus d’illusion théâtrale. Nous = je + spectateur / lien scène et salle
  • Termes jouer / évocation du lever du rideau / didascalies, ont pour objet de présenter les personnages comme des figures imaginaires.
  • Présentation d'Antigone et d’Ismène. Portrait d’Antigone. Insistance sur sa jeunesse et son dépouillement Psychologie : être marginal, obstiné qui se révolte.
    Ismène se définit par rapport à sa sœur. On insiste sur sa beauté , blondeur. Idée de bonheur / superficiel.
  • Fatalité du destin tragique de l'intrigue.
  • Nombreuses choses inconnues du monde grec(anachronismes) : cartes, tricotent / Bal, robe à plutôt soirée moderne / Registre de langue courant et familier : la petite maigre, il n'y a rien à faire, voila, il a été trouvé Antigone…

LE CHOEUR

Et voilà .Maintenant le ressort est bandé . Cela n’a plus qu’a se dérouler tout seul. C’est cela qui est commode dans la tragédie .On donne le petit coup de pouce pour que cela démarre, rien ,un regard pendant une seconde à une fille qui passe et lève les bras dans la rue, une envie d’honneur un beau matin, au réveil, comme de quelque chose qui se mange, une question de trop qu’on se pose un soir…

C’est tout. Après, on n’a plus qu’a laisser faire. On est tranquille. Cela roule tout seul. C’est minutieux, bien huilé depuis toujours. La mort, la trahison, le désespoir sont là, tout prêt, et les éclats, et les orages, et les silences, tous les silences : le silence quand le bras u bourreau se lève à la fin, le silence au commencement quand les deux amants sont nus l’un en face de l’autre pour la première fois, sans oser bouger tout de suite, dans la chambre sombre, le silence quand les cris de la foule éclatent autour du vainqueur-et on dirait un film dont le son s’est enrayé, toutes ces bouches ouvertes dont il ne sort rien, toute cette clameur qui n’est qu’une image, et le vainqueur, déjà vaincu, seul au milieu du silence…

C’est propre la tragédie . C’est reposant, c’est sur …Dans le drame, avec ses traîtres, avec ses méchants acharnés, cette innocence persécutée, ces vengeurs, ces terre-neuve, ces lueurs d’espoir, cela devient épouvantable de mourir, comme un accident. On aurait peut-être pu se sauver, le bon jeune homme aurait peut-être pu arriver à temps avec les gendarmes. Dans la tragédie on tranquille. D’abord, on est entre soi. On est tous innocents en somme ! Ce n’est pas parce qu’il y en a un qui tue et l’autre qui est tué. C’est une question de distribution. Et puis, surtout, c’est reposant, la tragédie, parce qu’on sait qu’il n y a plus d’espoir, le sale espoir; qu’on est pris, qu’on est enfin pris comme un rat, avec tout le ciel sur son dos, et qu’on n’a plus qu’a crier, - pas à gémir, non pas à se plaindre,- à gueuler à pleine voix ce qu’on avait à dire, qu’on n’avait jamais dit et qu’on avait à dire, qu’on n’avait jamais dit, et qu’on ne savait peut être pas encore. Et pour rien : pour se le dire à soi, pour l’apprendre, soi. Dans le drame, on se débat parce qu’on espère en sortir. C’est ignoble, c’est utilitaire. Là, c’est gratuit . C’est pour les rois. Et il n’y a plus rien à tenter, enfin !

Antigone est entrée poussée par les gardes.

Analyser le rôle du chœur (p. 53 à p. 55)

Définir le rôle du Chœur.

A quel moment de la pièce intervient ce passage ?

Quels sont les deux sujets de cette intervention ?

Quelle figure de style le souligne? nommez-la et expliquez-la.

Quel registre est employé ? Donnez des exemples.

Quelles différences le chœur fait-il entre tragédie et drame ?

Pistes de lecture

Il entre en scène au moment où la progression et l’intensité dramatique de la pièce a atteint son point de non-retour. Le chœur présente la suite fatale de l’action, s’oppose au genre littéraire du drame et explique son idée de la tragédie.

Une métaphore filée de la fatalité tragique : une mécanique bien remontée : ressort bandé / se dérouler tout seul /cela démarre /cela roule tout seul /bien huilé /.

C'est une image d’un fonctionnement tragique préréglé, mécanique, qui bascule la notion ancienne de fatalité divine, dans la tragédie, vers une notion moderne de nécessité, sans intervention des Dieux.

Le registre est familier : commode, petit coup de pouce, laisser faire, roule tout seul .

le chœur souligne ce qui oppose

la tragédie

Mort, trahison, désespoir /« pour les rois » « On est entre soi »/« plus d’espoir, ce sale espoir »« on est tranquille »/« c’est gratuit »

au drame

L’innocence persécutée/Traîtres, méchants, / innocents, vengeurs/ « on se débat, parce qu’on espère en sortir »/ « c’est utilitaire »

Antigone et Ismène.

Pistes de lecture

  • le sujet de conversation des deux soeurs ; L’enterrement de Polynice.
  • le point de vue d’ Ismène ; Ismène ne veut pas l’enterrer, mais obéir au roi. Elle dit « c’est une bêtise » (p.24).
  • Ses raisons ; Elle se soumet aux ordres du roi, parce que la ville est d’accord avec lui et qu’elle a peur de la souffrance. Elle ne se sent pas la force de s’opposer car elle est une fille et n’est pas courageuse.
  • le point de vue d’Antigone ; Antigone refuse de trop réfléchir et accepte son devoir « à chacun son rôle, ç’a été distribué ». Elle va l’enterrer et désobéir.
  • les répliques d’Antigone ; des phrases négatives qui expriment sa position. : « je ne veux pas avoir raison », « je ne veux pas comprendre un peu », « moi, je ne suis pas le roi », « il ne faut pas que je donne l’exemple ».
  • Ce qu'elle veut : agir selon son point de vue, sa morale, sa conscience, sans chercher à raisonner, spontanément, instinctivement.

Cette scène présente, comme dans l’exposition, deux tempéraments opposés : Ismène faible, lâche, soumise, Antigone, entière, révoltée, insoumise.

Antigone et Hémon.
  • Antigone apparaît sous un visage humain, elle doute de sa séduction. Elle se montre à la fois femme, épouse et mère.
  • Elle envisage un bonheur passionné, simple, familial , mais elle l’abandonne. Elle n’y croit pas : répétition du mot « vrai ». Elle doute aussi, craint une erreur d’Hémon et le pouvoir de séduction d’Ismène. Elle emploie le conditionnel « le petit garçon que nous aurions eu, je l’aurais défendu, l’aurais serré, il aurait eu, tu aurais eu ». Elle sait, elle, ce qui ne s’accomplira pas, elle sait son destin. Il y a décalage entre elle et Hémon.

Le personnage devient tragique : elle abandonne le projet de bonheur, elle plonge Hémon dans le malheur (didascalie : il s’éloigne). Elle se condamne par là et condamne les autres au destin qu’elle a choisi pour eux tous. Le destin ne peut que s’accomplir.

Antigone et Créon.

  • L ’attitude de Créon : Créon tente de désamorcer le conflit, préférant étouffer le scandale et raisonner la jeune fille : « tu vas dire… que tu n’es pas sortie depuis hier ».
  • Il cherche à lui faire exposer les motifs de son geste parce qu’il ne sont pas clairs dans l’esprit d’Antigone. Il lui montre qu’elle a agit malgré : l’interdiction du roi, le fait que son frère soit un traître, le châtiment encouru. Puis, il lui prouve qu’elle l’a fait par orgueil « l’orgueil d’Œdipe », et montre une affection bourrue envers elle.
  • Antigone réfute tous ces arguments et se montre doucement résolue : « je ne joue pas ».
  • Aucun des deux ne croit à la nécessité de l’enterrement. Créon, lui parle de « folie », de « geste absurde », adjectif repris par Créon « c’est absurde » et Antigone.
  • « Pour personne. Pour moi ». Antigone n’agit ni contre le pouvoir, ni par respect du rite religieux dont Créon vient de peindre l’absurdité , mais par fidélité à elle-même, à sa conscience, à son idéal de vie.

Texte:

Les gardes sont sortis, précédés par le petit page.

Créon et Antigone sont seuls l'un en face de l'autre.

Créon:

Avais-tu déjà parlé de ton projet à quelqu'un ?

Antigone

Non.

Créon

As-tu rencontré quelqu'un sur ta route?

Antigone

Non, personne.

Créon

Tu en es bien sûre?

Antigone

Oui

Créon

Alors, écoute: tu vas rentrer chez toi, te coucher, dire que tu es malade, que tu n'es pas sortie depuis hier. Ta nourrice dira comme toi. Je ferai disparaître ces trois hommes.

Antigone

Pourquoi? Puisque tu sais que je recommencerai.

Un silence. Ils se regardent.

Créon

Pourquoi as-tu tenté d'enterrer ton frère?

Antigone

Je le devais.

Créon

Je l'avais interdit.

J. Anouilh, Antigone, édition la table ronde.

Compréhension et langue:

1) Situez le passage dans l'œuvre.

2) Dans un bref paragraphe, présentez le dramaturge.

3) Comment appelle-t-on ce qui est écris en italique? A quoi servent-elles?

4) L'expression " l'un en face de l'autre " donne une idée sur un climat :

  1. d'amitié?
  2. de confrontation?
  3. de neutralité?

Choisissez la bonne réponse.

5) Lequel des deux personnages parle le plus et pourquoi?

6) Quel argument Antigone présente-t-elle pour justifier son acte

7) Dans la phrase "Alors, écoute : tu vas ….." le terme "alors" annonce-t-il:

  1. une conclusion?
  2. une conséquence?

8) Quel caractère d'Antigone est souligné dans cette scène?

9) Mettez au discours indirect la phrase suivante:

" As-tu rencontré quelqu'un sur ta route?" demanda Créon.

10) Remplacez dans la scène une expression de l'obligation par une autre.

Antigone/ Créon

1) Il s'agit du nœud. Antigone a tenté une deuxième fois d'enterrer son frère Polynice, les gardes l'ont surprise en flagrant délit. Ils l'emmenèrent devant le roi Créon , son oncle.

2) Jean Anouilh est un cinéaste et dramaturge français. Il est né en 1910 à Bordeaux. Il a fait ses études de droit à Paris, puis a travaillé dans la publicité avant de devenir le secrétaire de Louis Jouvet, en1928. C'est une rencontre décisif, il se consacre au théâtre et écrit l'Hermine (1932), le voyageur sans bagages (1937), Antigone en 1944. Il mourut en 1987, à l'age de 77ans

3 ) Ce sont des didascalies ou indications scéniques qui servent à nous informer sur les personnages, leurs déplacements, leurs geste; le décor….

4) face à face = 2 /confrontation

5) C'est Créon qui parle le plus dans ce passage, il tente de dissuader Antigone d'enterrer son frère; c'est-à-dire qu'il essaie de la convaincre de ne pas enterrer son frère..

6) Elle le fait par devoir.

7) une conclusion puisqu'on a plusieurs répliques qui mènent à cette conclusion pas une simpleconséquence.

8) Son entêtement.

9) Discours indirect:

Créon lui demanda s'il avait rencontré quelqu'un sur sa route.

10) je le devais= il le fallait.

La boîte à merveille

Fiche de lecture

Titre: La boîte à merveille

Genre: Roman

Auteur: Ahmed Sefrioui

Date de parution:1954

Edition: Librairie des Ecoles.

L’auteur
Ahmed Sefrioui, écrivain marocain, est né en 1915 à Fès . C’est l’un des premiers fondateurs de la littérature marocaine d’expression française. Passionné de patrimoine, il a occupé des postes administratifs aux Arts et Métiers de Fès, puis à la direction du tourisme à Rabat. Il sera à l’origine de la création de nombreux musées comme Batha, Oudaya et Bab Rouah. Il est mort en mars 2004.

Ses œuvres
Le Chapelet d’ambre (Le Seuil, 1949) : son premier roman où il évoque Fès (il obtient le grand prix littéraire du Maroc, pour la première fois attribué à un Marocain).La boîte à merveille (Le Seuil, 1954) : La ville de Fès vue à travers le regard du petit Mohammed. Ce roman ethnographique apparaît comme le texte inaugural de ce qui est aujourd'hui la littérature marocaine d'expression française. La Maison de servitude (SNED, Algérie, 1973). Le jardin des sortilèges ou le parfum des légendes (L’Harmattan, 1989)

L'histoire

La Boîte à Merveille
La symphonie des trois saisons...

Premier roman de Sefrioui, La boîte à merveille, une suite de scènes et de tableaux, raconte la vie quotidienne d’une famille populaire dans la vieille ville de Fès. Dès son ouverture, le roman ne manque pas d’installer une ambiance exotique. Un regard pittoresque sur un monde plein de tendresse, de couleurs et de parfums, qui ne manque pas d’ambiguïté sur le sens du récit.
C’est bel et bien un album, pour reprendre l’expression du narrateur, dont le lecteur tournera les pages. Un album haut en couleurs qui nous fera parcourir trois saisons et nous mènera de découverte en découverte, explorer la société marocaine du début du XXème siècle : mode de vie, traditions, rituels et vision du monde. D’avoir masqué la réalité politique de l’époque, laisse entrevoir un parfum d’exotisme et fait penser à un film documentaire d’ethnographe.

LES DECLENCHEURS DU RECIT

L'équilibre initial coïncide dans la Boîte à merveilles avec une prise de conscience d'une carence, d'un manque (…moi, je ne dors pas. Je songe à ma solitude et j’en sens tout le poids) et se transforme en rupture.

La nuit et le poids de la solitude déclenchent le récit. Le narrateur (l’adulte) se penche sur son passé à la recherche de réponses possibles (Ma solitude ne date pas d’hier….P3.) ou de réconfort (pour égayer ma solitude, pour me prouver que je ne suis pas mort.P6.).

L’enquête se construira sur la mémoire fabuleuse héritée de l’enfant de six ans. (Cire fraîche...les moindres événements s’y gravaient en images ineffaçables…cet album…P6.)

Les outils de l’enquêteur sont donc les images d’un album. Portraits et paysages se succéderont au fur et à mesure qu’il en tournera les pages. L’abondance de l’imparfait est justifiée par la dominance du descriptif. La nostalgie orne le récit de couleurs, de parfums et de tendresse, la perception de l’enfant l’entraîne dans le monde du merveilleux et de la magie.

L’ESPACE

Fonction

Il permet un itinéraire. Le déplacement de l’enfant s'associe à la rencontre de "l'aventure". Et à la quête de la connaissance. On peut réduire l'itinéraire dans le cas de Sefrioui à un schéma simple, deux types de base dominent. (L’aller - retour….L’initiation et la conquête.). L’enfant revient toujours à son point de départ, la maison, plus exactement la pièce occupée par la famille. L'espace offre un spectacle, plus qu’il ne sert de décor à l'action, cette dernière n’étant pas privilégiée. Il est soumis au regard du personnage. I’enfant se dresse en spectateur. La relation entre le lieu et son état d'âme est forte. Une correspondance symbolique s'établit entre l’enfant et les lieux décrits.

Organisation :

On peut facilement constater des oppositions symboliques et fondamentales, souvent binaires.( clos / ouvert …sombre / éclairé…espace réel /rêvé). Ceci permet une mise en place de l’ambiance du secret, de l’étrange, et du mystère imprégnant le récit dès son ouverture de l’ambiance des contes merveilleux.

Représentation

La narration prend en charge les éléments descriptifs concernant le cadre de l’action. L’enfant explore progressivement ce cadre : la ruelle, le msid , La rue Jiaf et le bain maure. La description est dynamique.

La ruelle (p3) « Il court jusqu’au bout de la ruelle pour voir passer les ânes et revient s’asseoir sur le pas de la maison »

La maison(P3 ) « au rez de chaussée….Au premier….Le deuxième étage…. »

LE TEMPS

Comme dans les contes de fée, le temps est vague, imprécis, flou. Premier repère, l’âge du personnage principal : six ans.

L’enfant - narrateur a une conception du temps motivée par l’attente, celle de son père chaque soir et celle de grandir. L’écoulement du temps est saisi dans une logique arithmétique. Matin et soir font une journée, les jours font des mois, les mois des saisons et les saisons l’année.

Une journée ordinaire est marquée par le réveil, le msid, les jeux, les conversations des voisines, et le retour du père, tard le soir. Les jours de la semaine retracent plus des activités habituelles (Lundi, jour de lessive, mardi, journée particulièrement redoutée au msid.). Un événement exceptionnel comme un retour précipité du père à la maison ou la visite d’un étranger constituera un repère. Ainsi, l’Achoura, fête qui va bouleverser le train train quotidien de l’enfant, les différentes visites de Lalla Aicha, le départ du père vont permettre de construire une suite justifiant un déroulement chronologique. Les indicateurs de temps renforceront cette chronologie par le marquage des saisons (L’hiver / 3 chapitres, le printemps / 4 chapitres et l’été / 5chapitres). On peut alors aisément estimer la durée du récit à trois saisons et avancer que le narrateur enfant approche de ses sept ans à la fin du roman.

LES PERSONNAGES

Le lecteur découvre tôt les personnages qui vont l’accompagner le long du récit Ils sont livrés dans un ordre lié à notre découverte des mondes de l’enfants. Ceux qui ont participé à nourrir son monde fabuleux, la voisine du rez de chaussée, Kenza, une voyante, par ses pratiques magiques et rituels, Abdellah , l’épicier par ses contes et son père avec ses discours sur le paradis et l’enfer. Ceux qui font partie de son quotidien, les voisins du premier Si Aouad fabricant de charrues, sa femme Rahma et leur fille Zineb ; la voisine du deuxième étage, Fatima Bzioua. Les autres enfants de son âge au msid, son maître d’école et Lalla Aîcha, pour sa première visiteà la maison.

L’esquisse des portraits est un peu particulière. Rarement des descriptions physiques. Un nombre limité d’outils pour la description dont le nom, le sexe, l’âge, le métier, les vêtements, le statut social, la relation familiale, les paroles.

LES EVENEMENTS

Le genre policier commence par un fait accompli. Il y ‘a un meurtre et l’enquêteur est chargé de trouver l’assassin. Le roman de Séfrioui s’aligne quelque peu sur ce genre. La solitude et la mélancolie sont ce fait accompli et le narrateur doit revenir en arrière en chercher les origines. Ses témoins et ses pièces à convictions sont les images de cet album qu’est la mémoire de l’enfant.

« Ma mémoire était une cire fraîche et les événements s’y gravaient en images ineffaçables. I me reste cet album… » P 6

Premières images, un enfant seul cherchant vainement à attraper un moineau, à l’écart des enfants de son âge et étranger à leurs jeux. Un enfant troublé par les rituels de la voyante, démons et sorcières hantent son imagination. Un enfant fasciné par les contes de Abdellah, l’épicier et les discours de son père sur la mort, le paradis et l’enfer. La séance du bain maure laisse entrevoir cette relation entre le présent et le passé.

« Je crois n’avoir jamais mis les pieds dans un bain maure depuis mon enfance. Une vague appréhension et un sentiment de malaise m’ont toujours empêché d’en franchir la porte. » P9.

La Boîte à Merveilles (Étude panoramique).

Dans son roman intitulé la boîte à merveilles, Ahmed Sefrioui nous plonge profondément dans l'univers d'un petit enfant lié "intimement" à une boîte secrète capable de le transporter au-delà de la réalité. Le roman fait s'immerger le lecteur dans la réalité d'une ville accueillante et pour le petit enfant et pour sa mère Zoubida, particulièrement après le départ du père, l'ex-tisserand de haïks.

Sidi Med, enfant de six, s'infiltre sans cesse dans le monde des femmes perpétuellement oisives et imprégnées par le quotidien dispute, commérages, papotage etc.

Le roman est "peuplé" grâce aux récits des deux personnages féminins étant donné leur prolixité sans bride.

Le noeud de l'histoire:
La faillite du père du narrateur, Abdesslam qui a perdu son capital dans le souk.

Le "happy-end ":
- Le thème du retour est crucial dans la boîte à merveilles :
1- Le retour du père déclenche de nouveau la joie et le bonheur de la famille
du narrateur.
2- Le retour de Moulay Larbi: Lalla Aîcha reprendre du coup sa vie conjugale
Heureuse.
3- Le retour de l'enfant: Sidi Med réouvre sa boite à merveilles.

L'ethnographie:
A.Sefrioui se livre à décrire minutieusement des lieux à vocation, à la fois religieux et culturelle. Le sanctuaire,) titre d'exemple, ainsi que des personnages tels que sidi El Arofi, Chouafa etc. Parallèlement, les remets non traduits du dialecte renforce ce souci ethnographique flagrant.

Le regard de l'enfant:

Étant donné qu'il est enfant, le narrateur à le droit de s'insinuer dans des zones bel et bien intimes et sans aucun doute infranchissable: prenons à titre d'illustration "le bain maure". Effectivement, la scène du bain maure fait de l'enfant un espion qui guette le monde féminin en franchissant toutes les frontières (description des corps des femmes: mamelles pendantes, cuisse humides, ventre ballonnés, fesses grises…etc.

Le pacte autobiographique:

Tel tout écrivain autobiographique, A.Sefrioui, quant à lui, promet le lecteur de lui communiquer un récit rétrospectif sincère et véridique:
« J'avais peut-être six ans, ma mémoire était une cire fraîche et les moindres événements s'y gravaient en images ineffaçable. Il me reste cet album pour égayer ma solitude, pour me prouver à moi-même que je ne suis pas encore mort.».p.6
1- Âge propice de la mémorisation.
2- Autobiographie sincère.
3- Pérennité aspirée.
Le récit d'Ahmed Sefrioui est marqué surtout par des interventions ironiques
(l'ironie: faire comprendre le contraire de ce qu'on veut dire):
Il ironise sur Zineb qui s'intéresse à l'état maladif noir…
Il ironise sur l'altitude de L.Aîcha (la chanson…).
Le sanctuaire: un saint qui préfère intensément les chats!

Le système des personnages:
sidi Mohamed: le petit de six ans (le narrateur).
Lalla zoubida: la mère du narrateur.
Lalla aicha: l'amie de Zoubida.
Maâlam abdesslam: la père de Sidi Mohamed.Tisserand.
Lalla Kenza: la voyante.
Rahma: voisine (la mère de Zineb fille que sidi Mohamed déteste). / et femme de Driss Aouad.
Fatma Bziouya: apprenti de Mr. Abdesslam.
My laarbi: mari de Lalla.Aîcha( remariage avec la fille du coiffeur).
Abdellah l'épicier: le conteur (" Homère" du petit Sidi Mohamed).
Sidi El Arofi: le voyant aveugle qui va rassurer L.Zoubida et son amie L.Aîcha.
Abderrahmane:le coiffeur.
Salama: La marieuse qui va unir My.Larbi et sa 2ème épouse.
Zhor: la voisine de L. Aîcha qui lui a communiqué la vie que mène My.Larbi auprès de sa seconde épouse.
Hammoussa: le collègue de Sidi Mohamed.

La structure de l'œuvre: 12 chapitre.
v Chapitre1:
- La solitude de l'enfant.
- Les habitants de Dar Chouafa.
- Les cérémonies de la voyante.

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Commentaires (3)

1. warda 23/10/2007

je veux des cours de langue du programme de la première année du bac merci d'avance

2. warda 23/10/2007

je veux des cours de langue du programme de la première année du bac merci d'avance

3. friv 5 (site web) 27/08/2014

Je vais mettre en signet cette page et la partager avec quelques-uns de ses amis, en espérant qu'ils pourraient aider. Merci pour le partage.

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